Cette semaine, nous avons rencontré Annie, cheffe de projet digital chez Warren Walter. Découvrez à travers cette interview ses missions auprès de cette entreprise et de son parcours professionnel plutôt atypique !

Bonjour Annie, peux-tu te présenter ?

Bonjour, je m’appelle Annie Bui, j’ai 27 ans et je suis cheffe de projet digital au sein de l’entreprise Warren Walter, une SSII. Je travaille chez un client final qui est un fournisseur d’énergie suédois présent sur le marché français depuis près de 20 ans.

Comment es-tu arrivée chez Warren Walter ?

Je suis arrivée chez eux en mars 2018. J’avais été contactée par les deux dirigeants de cette entreprise alors que j’étais déjà en période d’essai dans une autre entreprise. 

Ils m’ont proposé de travailler sur un projet qui avait l’air de correspondre à qui je suis et aux valeurs auxquelles j’aspire. On a ensuite passé un entretien et ça s’est fait très vite. J’ai mis fin à ma période d’essai dans l’autre entreprise pour les rejoindre, et j’ai commencé ma mission auprès du fournisseur d’électricité alternatif. 

Alors que tu étais déjà dans une autre entreprise, comment ont-ils réussi à te démarcher ?

En fait, j’ai beaucoup aimé la simplicité de leur approche. Ils ont trouvé mon CV sur le site de l’APEC, avec mes coordonnées téléphoniques. Ils sont venus avec l’idée de me mettre au sein d’un projet spécifique en me disant qu’ils avaient besoin de quelqu’un qui maîtrisait le CMS Drupal 8 pour participer à la refonte d’un site web pour un client spécialisé dans les « énergies renouvelables ». Moi qui suis plutôt engagée dans l’écologie et qui ne me plaisais pas dans l’autre entreprise, je me suis dit “allez, pourquoi pas”.

Pourquoi avoir quitté l’autre entreprise ?

A l’origine, le titre de la mission dans l’autre entreprise me plaisait beaucoup. Je suis issue d’une école de commerce où je m’étais spécialisée en marketing digital. La boîte en question me proposait un poste en communication et je m’étais dit que c’était une bonne chose pour moi, pour changer du marketing. 

Le bémol, c’est que l’entreprise ne correspondait pas du tout à mes valeurs humaines et à mes principes. Alors quand Warren Walter m’a proposé de participer à leur projet, j’ai accepté. 

Peux-tu nous parler de tes missions au quotidien ?

Alors j’ai plusieurs casquettes. Dans un premier temps ; je suis cheffe de projet digital et éditorial. Dans ce cadre, je gère les échanges entre le client et notre agence de communication et notre agence SEO qui elles sont en charge de rédiger les contenus pour le site. On crée des plannings ensemble en vue des mises en ligne. J’ai aussi pour mission de valider les briefs proposés par les agences. Je vérifie que les contenus livrés sont bien en adéquation avec ce qu’on avait demandé. Je me charge de tout le suivi, de l’émergence à la fin du projet.

J’ai aussi une casquette de contributrice rédactrice web, mais c’est une fonction que j’exerce moins depuis quelque temps. Je mettais en place beaucoup de contenus, j’ai rédigé beaucoup de pages Web pour mon client final, qui au début du projet avait vraiment besoin d’une personne dédiée pour tout mettre en place. Aujourd’hui je continue de mettre à jour leur site et je veille à ce que le site fonctionne toujours correctement.

Récemment, on m’a donné de nouvelles fonctions. J’exerce des missions qui s’apparentent plus à celles d’un Scrum Master. Je fais l’interface entre les développeurs et les équipes métiers. Je veille à ce que les deux corps de métiers (développeurs web d’un côté, experts métiers de l’autre) se comprennent bien. Je suis en charge de tout le rituel Scrum – de la mise en place de la méthode agile et de sa bonne pratique. Je prépare les sprint planning, m’occupe de la gestion des backlog, j’essaie de motiver les équipes afin que tout se déroule pour le mieux !

Je trouve que mes missions sont intéressantes car elles touchent divers aspects, que ce soit rédactionnel, communication, marketing… Je m’épanouis pleinement dans ces missions.

Tu es donc très polyvalente ! Petite précision, peux-tu nous expliquer ce qu’est un “client final” ?

Effectivement *rire*.

Oui, bien sûr. Alors… en fait, je suis salariée en CDI chez Warren Walter mais je travaille en tant que prestataire (ou consultante) pour Vattenfall, mon client final. Le client final passe par Warren Walter pour gérer mon contrat. En général c’est tous les 3 mois et mon contrat est renouvelé. 

Quand on arrive sur le marché du travail, dans le milieu de l’informatique, plusieurs choix s’offrent à nous :

  • La freelance, où on est son propre chef
  • La SSII, où on officie au sein d’une « société de services en ingénierie informatique », où l’on a un manager au sein de la SSII et un manager chez le client où l’on est envoyé
  • Le client final, où l’on travaille directement au sein d’une boîte !

Chacun de ces choix présente des avantages et inconvénients différents. Pour ma part, j’ai travaillé 3 ans et demi directement chez le client final : j’ai pu avoir une visibilité globale sur les projets de l’entreprise à courts, moyens et longs termes de l’entreprise. Certaines entreprises donnent plus de poids aux salariés internes qu’aux prestataires.

Maintenant, chez Warren Walter, je travaille en tant que consultante chez Vattenfall. Je n’y vois que des points positifs car mes managers et collègues chez Warren Walter sont adorables, tout comme ma responsable chez le client qui est vraiment exemplaire. J’ai beaucoup de chance… !

Quelles sont tes perspectives sur le long terme ?

L’avantage d’être dans une SSII c’est que tu peux changer de mission si tu trouves que tu arrives à terme sur ce que tu fais à présent. Alors actuellement, je ne suis absolument pas en recherche d’emploi car je suis très satisfaite chez Warren Walter, et j’estime que j’ai encore beaucoup à apprendre et à apporter à la place que j’occupe.

Avoir des contrats renouvelables peut faire peur à certains, car on peut se retrouver en intermission – c’est une phase où on n’a pas de mission chez un client, mais je pense que l’on peut toujours rebondir rapidement si ce cas se présente.

D’accord. Et avant Warren Walter, quel a été ton parcours ?

On m’a souvent dit que j’avais un parcours assez atypique. 

Je pense faire partie de la génération de jeunes qui ont tendance à ne pas savoir ce qu’ils veulent, où aller… j’ai eu mon baccalauréat économique et social, couplé à un bac Allemand, spécialité anglais et théâtre. J’étais vraiment paumée quand j’étais au lycée. J’ai enchaîné avec un CAP Pâtisserie !

Pourquoi la pâtisserie ?

Tout simplement parce qu’il y avait une chose dont j’étais sûre, c’est que j’aimais manger des gâteaux ! J’ai toujours eu ce rêve un jour d’ouvrir une pâtisserie… Du coup j’ai intégré l’Ecole Ferrandi en apprentissage juste après mon bac. J’ai obtenu mon diplôme en 2011 mais en cours d’année, je me suis un peu découragée. 

Que s’est-il passé ?

Ce n’était pas à cause de la formation en elle-même. J’ai beaucoup appris et ça m’a beaucoup plu, malgré le fait que je suis tombée sur un patron que j’ai trouvé tyrannique et déplacé. Mais j’ai réfléchi, et j’ai voulu reprendre un parcours plus “classique” car je me suis rendue compte qu’en pâtisserie il y avait énormément de choses qui me manquaient. Notamment, le temps, à cause du décalage horaire avec les autres et surtout, du challenge. J’avais un profil très axé sur les langues : je parle couramment allemand, anglais, vietnamien. Je trouvais ça dommage de faire mourir ces compétences.

C’est pourquoi j’ai intégré l’Université Paris Sorbonne pour un diplôme de Langues Etrangères Appliquées (LEA) avant d’entrer en école de commerce.

Pourquoi une école de commerce ?

Car je savais ce que je voulais à ce moment. J’étais déterminée à trouver un apprentissage en marketing digital. Avec un parcours atypique mais avec beaucoup de volonté, j’ai réussi à trouver une entreprise d’accueil ! 

Tu as des conseils pour trouver une entreprise quand on est étudiant et qu’on cherche un contrat pro/apprentissage ?

Oui ! Alors je vais vous dire ce que j’aurai aimé qu’on me conseille quand j’étais plus jeune. 

Soyez honnête avec vous-même, sans culpabiliser. Quand on est jeune, on peut facilement subir la pression de notre famille, de la société, qui voudraient qu’on rentre dans des rangs particuliers et qu’on fasse des métiers spécifiques qu’on n’aime pas forcément ou qui ne sont pas fait pour nous. 

Alors soyez honnête. En l’étant, tu le deviens facilement avec les autres et ça peut t’ouvrir des portes. Aussi, soyez positif et ayez de la volonté !

On n’a pas toujours confiance en soi, surtout selon l’environnement dans lequel on a grandi. Mais n’oubliez pas qu’on a le droit de douter et qu’il est essentiel de se trouver soi-même et de vivre de ce qu’on aime. En entretien, si vous parlez avec passion d’une mission (qu’elle soit professionnelle ou personnelle) que vous avez réellement vécue à 100%, l’entreprise saura apprécier ce trait de votre personnalité.

Trouvez quelque chose qui vous plaît et qui vous inspire et dans lequel vous êtes prêts à vous investir. Si vous pouvez avoir une expérience dans une association ou en tant que bénévole, ça vous enrichira vous et ça créera une émulation avec vos interlocuteurs.

Ce sont de très beaux conseils. Maintenant, peux-tu nous parler de ton apprentissage ?

J’ai intégré l’entreprise Dassault Systemes en tant que Cheffe de Projet Marketing Digital, et c’était génial. Je suis tombée sur une équipe qui m’a fait grandir et a qui a réellement consacré du temps à me former. Ça m’a confirmé mon souhait de vouloir continuer dans cette voie-là. Après mon apprentissage, j’ai d’ailleurs été embauchée chez eux, mais j’ai fini par partir au bout de quelques mois, pour pouvoir prendre une pause.

A cette période de ta vie, tu en avais besoin ?

Oui ! J’avais besoin de voir d’autres choses. Cette pause a duré 8 mois durant lesquels je me suis complètement déconnectée et j’ai beaucoup voyagé. Je me remets constamment en question et j’ai besoin de me retrouver moi-même afin de pouvoir aimer ce que je fais.

Je suis revenue plus déterminée que jamais pour trouver un job dans le marketing digital.

Tu n’avais pas peur de devoir justifier cette absence sur ton CV en entretien ?

Non. Pour moi, tout le monde devrait avoir le droit de prendre une pause, que ce soit pour des raisons personnelles ou professionnelles. Si tu arrêtes de travailler, ça ne veut pas dire que tu es un feignant. Ça peut juste signifier que tu as besoin d’une pause pour revenir en force. 

En entretien, j’ai su l’expliquer. J’ai utilisé cette période pour beaucoup créer, j’ai aussi accumulé quelques petits boulots car ça m’intéressait. Par exemple, j’ai été vendeuse dans un magasin de cuisine. 

Quand je me suis mise plus sérieusement à la recherche d’un poste en Marketing Digital, c’est allé très vite : j’ai posté mon CV mis à jour et la semaine qui a suivi, j’ai eu 9 entretiens différents et plusieurs offres. Je suis aussi passée par l’APEC avant de vraiment me remettre à la recherche du bon job !

Pourquoi l’APEC ?

C’est une association pour l’emploi des cadres. Je suis allée voir une consultante de l’APEC pour jauger mes possibilités après quelques mois de rupture avec le monde du marketing digital et du travail en tant que cadre. Cette consultante a été exceptionnelle, très humaine et professionnelle. Je recommande à tous ceux qui ont un bac+3 à 5 de se diriger vers eux. Grâce aux bons conseils de Corinne, la consultante de l’APEC, juste après avoir publié mon CV, j’ai eu 9 entretiens en une semaine suivis de plusieurs propositions d’emploi, dont celle que j’avais acceptée avant d’intégrer Warren Walter.

Merci pour le conseil ! En dehors de ton travail, as-tu des activités ?

Oui ! Je suis la manager d’un groupe de musique de death metal, Serenius Je gère leur com, j’ai créé leur site web, je gère leur logistique. Vous pouvez d’ailleurs nous suivre sur Facebook, Instagram et sur YouTube.

J’ai aussi un blog que j’ai depuis quelques temps parce que j’adore écrire ! Mais en ce moment je l’ai un peu délaissé avec le travail et le groupe de musique.

Dès que je peux, je voyage. Je suis revenue d’Italie il y a deux semaines et ce soir, je pars en Belgique pour 3 jours. J’ai fait un long road-trip au Vietnam en mars 2019 aussi, et d’ailleurs, dans mon blog, je donne des conseils si vous souhaitez aller dans ce pays.

As-tu une dernière chose que tu aimerais dire à nos lecteurs/lectrices ?

Faites ce que vous aimez, aimez ce que vous faites, c’est très important. Imposez vos choix subtilement. Je trouve ça dommage de devoir travailler dans l’attente du week-end et des vacances. C’est pas facile d’être heureux, mais c’est un choix qu’on fait. 

Je vous souhaite à tous bonne chance dans votre vie qui sera souvent semée d’embûches mais également remplie de récompenses.

Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

Continuer à grandir et à aimer pleinement ! Ne pas devenir aigrie, et ne pas blesser les gens. Sinon, je suis plutôt satisfaite de ma vie, donc c’est à vous que je souhaite plein de courage et d’amour, à condition que vous soyez honnêtes !

 

Vous pouvez retrouver Annie sur son blog,  sur son compte Instagram et Linkedin.